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Quelles diffusions multi-supports ?

L’offre audiovisuelle en ligne du nouvel établissement public Universcience se traduit aujourd’hui par deux sites de type webTV, répondant à des logiques d’usages différentes et complémentaires : universcience.tv, magazine vidéo hebdomadaire aux 16 cases programmes, lieu de diffusion de nouvelles productions et co-productions; universcience vod, banque de données audiovisuelle du nouvel établissement et de ses partenaires, lieu d’échange et de partage pour les internautes.

Ces deux sites Internet définissent le périmètre audiovisuel “naturel” d’Universcience en ligne, mais leur programmation sera accessible au-delà. Et autrement.

Pour lire la suite, téléchargez l’article : Universcience et ses 5 écrans de diffusion (PDF, 74 Ko)

Benjamin BENITA


Un commentaire sur “Quelles diffusions multi-supports ?”

  1. Nardone dit :

    Universcience.tv et les réseaux dits sociaux.
    Les réseaux sociaux n’existent pas. Je veux dire qu’ils n’ont pas d’existence en soi. Donc la question pourrait être sans objet si le terme n’était pas utilisé à tort et à travers.
    « Réseau social » est un concept abstrait, forgé par des théoriciens (anthropologues, psychologues et sociologues anglo-saxons) pour désigner et tenter de quantifier un ensemble de phénomènes relationnels au sein d’une même population culturellement homogène. Le terme apparaît dans la littérature sociologique dans les années 60. (L’anthropologue John A. Barnes en 1954 dans l’étude ethnologique de l’île de Bremnes). Il s’est développé dans la théorie du « petit monde », qui est un concept forgé par le psychologue S. Milgram, dont les travaux sont très contestés. La problématique n’était pas d’analyser les réseaux sociaux, mais au contraire de tenter de quantifier les éléments nécessaires et suffisants à la constitution d’une société. Combien faut-il d’éléments minimum en commun entre des individus pour qu’une relation sociale s’établisse et que cette relation reste stable. L’objet avoué était de rendre obsolète le concept marxiste de « lutte des classes ».

    Facebook, Twitter (en français gazouillis) et autres réseaux de l’Internet (blogs, chats, forums généralistes, sites de rencontres) ne sont pas à proprement parler des réseaux sociaux. Il y a confusion entre deux choses bien distinctes : une théorie scientifique et la forme virtuelle (qui a déjà 15 ans d’âge) d’un phénomène aussi ancien que la socialisation des humains, qui est, dans un même groupe social, le rassemblement d’individus ayant un minimum d’intérêts en commun (d’où la confusion avec la théorie des réseaux sociaux). Les sectes religieuses, les associations confessionnelles ou politiques, les associations sportives ou d’anciens élèves, d’anciens combattants, des défenseurs de l’andouillette, etc. D’ailleurs le créateur de Facebook parle de réseautage plutôt que de réseaux. Réseautage faisant un peu péjoratif, les « gicques » d’Internet, préfèrent utiliser réseaux qui a une meilleure tête (comme ils préfèrent le « geek » à l’anglo-saxone dérivé du très ancien « gicque » bien français). Le fait que le terme soit utilisé à tort et à travers, ne donne pas pour autant de la réalité à la chose. On trouve la même confusion en biologie où la génétique qui est une théorie (aujourd’hui obsolète) se confond avec le phénomène qu’elle est censée décrire.

    Les supposés réseaux du Web ne diffèrent qualitativement en rien des réseaux ordinaires qui ne passent pas par l’Internet. Il serait d’ailleurs préférable d’utiliser le terme d’ »échange » plutôt que réseau. Ces échanges virtuels sans épaisseur n’ont aucun pouvoir magique. Ils ne vont pas multiplier par l’imposition miraculeuse du Web, le nombre d’individus qui s’intéressent à la vulgarisation scientifique. La question n’est donc pas de savoir si universcience.tv doit ou pas s’intégrer volontairement dans ce réseautage sans grande conséquence. Combien d’individus représentent un réseautage sur Facebook par exemple ? une centaine ? deux trois cents maximum ? Si on s’en tient au nombre de Dunbar, c’est 150 maximum. Au-delà de ce chiffre sans doute contestable, l’individu se perd dans la masse, et il ne vient pas sur Facebook pour perdre de l’identité mais pour en gagner. La « circulation » des productions d’universcience.tv se fera ou pas sans cela. Elle ne dépend que des internautes. Et les intérêts massifs des internautes, n’est visiblement guère différents de celui des téléspectateurs qui se pressent par dizaines de millions devant la vulgarité et la médiocrité. La vidéo la plus vue de l’année 2009, est un extrait de la star académie anglaise qui parait-il faisait pleurer Margot. Les émissions à caractères scientifiques à la télévision, pourtant rarissimes, ne déplacent pas les foules.

    La question cruciale posée par la diffusion sur l’Internet, c’est la visibilité. Chaque objet est jeté comme une bouteille à la mer et la mer en regorge. Les Facebook et autres ne sont que de grands archipels formés de minuscules ilots faiblement peuplés qui ne communiquent pas entre eux. Et la langue n’est pas le seul obstacle à la faible communicabilité entre les ilots. Quant à la communication entre internautes d’un même ilot elle est le plus souvent proche du degré zéro : « ça va ? ouai ça va et toi ça va ? ».

    Dailymotion et Youtube ne sont même pas des réseautages sociaux, mais de simples « plateformes » sur lesquelles les internautes viennent déposer des vidéos majoritairement proches de vidéo gag, excepté des films anciens qu’on ne peut plus voir que sur Youtube (ou sur le site déjà ancien UBU). Si on regarde attentivement, il y a des milliers de vidéos sans intérêt pour une, noyée dans ce flot ininterrompu d’images.

    De plus il manque, aussi bien aux réseautages qu’aux plateformes divers, une dimension cruciale, surtout lorsqu’il s’agit de diffusion scientifique même la plus accessible, c’est l’éditorialisation qui donne une cohérence et qui crée des liens entre les contenus.

    Par contre augmenter ses chances de visibilité, à la fois par le multilinguisme qui est la première et la plus essentielle caractéristique du Web et sans lequel, la visibilité est quasi nulle, et par l’accès à de véritables réseaux construits sur des bases sociales bien réelles et bien concrètes (les établissements scolaires et universitaires français et étrangers, les blogs et forums liés directement ou indirectement aux sciences, aux techniques et à l’industrie), me semble beaucoup plus malin et vraisemblablement plus productif.
    Cordialement
    Robert Nardone

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