Le tournage de Qui veut gagner des neurones ?
La semaine dernière, avait lieu le tournage des dix prochains épisodes du quiz « Qui veut gagner des neurones ?», cinq dans un centre de loisirs du 19ème arrondissement à Paris et cinq à Epinay sur Seine au nord de Paris.
L’équipe est maintenant parfaitement rôdée à cet exercice de production. Armelle, l’assistante de réalisation joue la chauffeuse de salle, Benjamin, l’ingénieur du son veille à recueillir toutes les nuances des fragiles voix enfantines et le job de Sébastien, le chef opérateur, c’est de recréer avec quelques projecteurs une lumière parodique des « vrais » jeux télé. Quant à moi, à la fois réalisateur et « Julien Lepers d’occasion », j’essaie de capter l’ensemble.
Nous attendons les périodes de vacances scolaires pour que les centres de loisirs disposent de suffisamment de temps pour préparer notre venue. La veille du tournage, je rends visite aux enfants et aux animateurs pour choisir les candidats parmi tous ceux qui sont présents. Les animateurs, eux, organisent des ateliers de fabrication du décor du jeu (pupitres et décor de fond de scène).
Le jour J, il reste à transformer ici un gymnase, là un réfectoire en studio de télévision éphémère. Si la méthode de production est maintenant bien éprouvée, nous ne sommes pas à l’abri de quelques surprises : un projecteur qui lâche, un micro récalcitrant, un panneau de décoration qui tombe, un buzzer qui ne sort plus ancun son. L’essentiel est de garder son calme, et de préserver chaque fois la fraîcheur des réponses des candidats. Car c’est bien là l’enjeu, libérer la parole sur la science, oublier l’école et ses contrôles des connaissances, s’autoriser à imaginer quand on ne sait pas, surtout ne pas se prendre au sérieux pour recueillir chaque fois au mieux la vision décalée des enfants sur le monde qui les entoure.
On ressort de ces moments avec des sentiments mêlés -comme de tous les tournages d’ailleurs, qu’ils soient au bout du monde ou chez le voisin d’en face. Il y a l’émotion de voir la culture se construire pas à pas entre imaginaire et vraies connaissances, la surprise (?) de découvrir que les enfants des villes en savent plus sur un disque dur d’ordinateur que sur les pépins d’une pomme, le trouble quand cette petite fille d’un quartier populaire nous dit qu’elle n’a jamais vu la mer alors que maladroitement on avait prévu de lui poser des questions sur le sujet, ou de cette autre qui nous retient dans ses bras après quelques heures passées ensemble et qui ne veut pas qu’on parte. Ou encore ce grand gaillard tout timide qui veut savoir comment on devient réalisateur et qui s’émerveille derrière le viseur de la caméra…
Aujourd’hui c’est le début du montage : l’extraction des pépites à partir d’un abondant minerai. Mise en ligne dans une dizaine de jour…
Roland CROS


ses trop fort